Biographie: FRED VARGAS

Biographie: FRED VARGAS
Je crois qu'avec deux romans, vous connaissez assez bien le style de l'auteur, je vais donc faire une pause le temps de cet article pour faire une petite bio de Fred Vargas. J'en ai déjà publié une sur l'ESRA online, qui est sûrement la plus complète du web à être consacrée à cet auteur, mais comme il y a sur cet article, les résumés des romans, cela rendrait inutile une partie de ce blog si je mettais un lien vers l'ESRA. Je vais donc proposer ici une version plus soft.

Fred Vargas est née à Paris en 1957, d'une mère scientifique et d'un père puits de culture, "encyclopédiste humaniste" comme le dit l'auteur elle-même. Elle n'est pas sortie seule du ventre maternel, un autre génie l'a accompagnée: sa soeur jumelle, peintre de son état, Jo Vargas. Leur vrai nom est Allouin-Rouzeau, mais leur film préféré étant "La comtesse aux pieds nus", elles ont pris comme pseudonyme le nom du personnage incarné par Ava Gardner: Maria VARGAS.
Revenons à Frédérique Allouin-Rouzeau. Après le bac, elle commence des études d'Histoire. D'abord la Préhistoire, puis elle finit par s'intéresser au Moyen-Age, qui ne la quittera plus, même dans ses romans. Justement, elle a besoin d'un passe-temps en dehors de son métier, qui est zoo-archéologue médiéviste au CNRS. Elle s'essaie à l'accordéon, mais elle se révèle être pour cet instrument ce qu'Attila était au jardinage. Elle choisit donc le polar, auquel elle s'attache de donner une musicalité par les mots, allant jusqu'à changer une page si un mot ne sonne pas juste. De plus, un roman doit être, pour elle, un moyen de mettre en scène une lutte entre le bien et le mal.
Elle sort son premier ROMan POLicier (ce qui donne ROMPOL), en 1986. "Les Jeux de l'Amour et de la Mort" remportent le prix du festival de Cognac, ce qui lui vaut d'être publié aux éditions du Masque.
Au début des années 90, elle rencontre Viviane Hamy qui est depuis son éditeur attitrée. "Debout les Morts" est l'acte de naissance du "clan Vandoosler" et "l'homme aux cercles bleus" est celui du commissaire Adamsberg. En 2000, elle s'essaie à la BD avec Baudouin. "Les 4 fleuves" remportent l'Alph-Art du meilleur scénario au festival d'Angoulême. En 2001, c'est Pars Vite et Reviens Tard qui remporte cinq prix en 4 ans dans deux pays (France et Allemagne). Il est même adapté au cinéma en 2007 avec José Garcia dans le rôle d'Adamsberg et Linh Dan Pham dans le rôle de Camille (j'aurai préféré Charlotte Gainsbourg).

En dehors du polar, Fred Vargas a écrit:
- Petit traité de toutes vérités sur l'existence, 2001 (mis en scène en 2006 au festival d'Avignon)
-Critique de l'anxiété pure, 2003
-La vérité sur Cesare Battisti, 2004.

Ci-dessus: Fred Vargas recevant le "Duncan Lawrie International Dagger" en 2006 pour "Debout les Morts", traduit en anglais et publié sous le titre "The three evangelists".

# Posté le mardi 19 juin 2007 04:26

Modifié le mercredi 20 juin 2007 03:24

Debout les morts; FRED VARGAS

Debout les morts; FRED VARGAS
Celui-là, je l'ai d'abord emprunté à la médiathèque, puis au CDI du lycée pour le relire, et finalement je l'ai acheté.

Résumé (je ne commence pas par l'incipit pour mieux pouvoir présenter le clan Vandoosler): Marc Vandoosler a perdu son emploi de correcteur dans une maison d'édition (il modifiait la fin des livres), le voilà "dans la merde", il ne lui reste plus que son passe-temps, le Moyen-Age. Il aperçoit une maison, rue Chasle, plutot en mauvais état, mais suffisamment grande pour le loger lui et son parrain, un ex-flic pourri, Armand Vandoosler. Le loyer est plus qu'honnête, cependant, Marc ne peut en payer que le tiers. Il convainc donc Mathias Delamarre, un préhistorien (quelle honte pour Marc), de partager la maison. Mais avec lui et Matthias, ça ne fait que deux tiers du loyer. Ils se tournent donc vers Lucien Devernois, historien de la guerre 14-18. La "baraque pourrie" fait donc l'objet de répararation et, en dehors des salles communes du rez-de-chaussée, chaque étage est attribué à un occupant, les combles étant aménagées pour le parrain.
La voisine, l'ancienne cantatrice Sophia Siméonidis, s'inquiète car un hêtre déjà agé a fait son apparition dans son jardin. Il n'y était pas la veille. Elle demande aux trois évangélistes (Marc, Mathias et Lucien= St Marc, St Mathieu et St Luc) de creuser sous l'arbre... il n'y a rien. Mais quelques jours plus tard, Sophia disparaît. Cela n'inquiète presque personne jusqu'à ce qu'on retrouve un cadavre calciné dans une voiture.

Mon avis: du grand polar avec ce qu'il faut d'humour et des personnages hauts en couleurs terriblement attachants. Le genre de livre qu'on embrasserait si on n'avait pas peur d'abimer les pages.

# Posté le mardi 19 juin 2007 05:00

Sous les Vents de Neptune; FRED VARGAS

Sous les Vents de Neptune; FRED VARGAS
Ah ce livre!!!!! Je voulais m'en acheter trois de poche, et j'ai acheté celui-là en édition originale. De toute façon, il n'est toujours pas sorti en poche, alors qu'il a été publié en mars 2004. Je l'ai appris en mai 2004 et en août, je l'ai acheté. J'ai du le lire sept ou huit fois. Un délice!

Une partie de la brigade criminelle de Paris doit passer un stage au Québec en vue d'être formée au prélèvement et au traitement des empreintes génétiques. Le genre de choses qui déplait à Adamsberg, trop de logique, trop scientifique. Danglard, lui, a peur de l'avion et de laisser ses cinq enfants orphelins. Quant au reste, ce voyage les passionne autant que des écoliers en voyage scolaire. Adamsberg compte profiter davantage des sentiers de forêt québécois que des locaux de la GRC, afin d'oublier Camille. Malheureusement, elle est à Montréal. De plus, le serial killer qu'il a traqué pendant presque 20 ans refait surface. Le "trident", comme Adamsberg l'appelle, est, selon le commissaire qui s'accroche à sa logique, l'auteur de plus d'une dizaine de meurtres au trident. Au début du roman, il apprend que le Trident a refait surface à Schiltigheim. Seul contre tous, cette obsession le poursuit jusqu'au Québec où il revient après le stage. Une jeune fille y a été tué au trident!!!

Mon avis: dans ce livre, le commissaire Adamsberg perd de sa nonchalance, sans toutefois se départir de son désormais mythique "je ne sais pas". Il fait également preuve de violence, ce qui se terminera plutôt bien pour lui, même si j'aurai préféré que les conneries de Favre continuent encore sur quelques romans. Enfin, l'auteur est libre. Le personnage qui m'a le plus plus, c'est le juge Fulgence, le Trident. Je l'ai trouvé plein de majesté, un peu prétentieux certes, mais je sentais qu'il était heureux comme ça et qu'il se sentait grand. Il n'a jamais connu le doute et s'est fait un nom et une réputation, certes mauvaise sous certains angles, mais une grande réputation. Son seul défaut, ce qui le rend moins sympathique à mes yeux, c'est les humiliations qu'il a fait subir à Adamsberg. Quant au vocabulaire Québécois, il enrichit le phrasé déjà légendaire de Vargas, avec malgré tout des inventions de l'auteur quant à certaines expressions.

Extrait: A présent que l'alcool avait engourdi ses membres, il pouvait réfléchir, commencer, essayer. Tenter de regarder le monstre que l'évocation de Neptune avait, enfin, fait émerger de ses propres cavernes. Le clandestin, le terrible intrus. L'assassin invincilble et altier qu'il nommait le Trident. L'imprenable tueur qui avait fait chanceler sa vie, trente ans plus tôt. Pendant quatorze années, il l'avait pourchassé, traqué, espérant chaque fois le saisir et sans cesse perdant sa proie mouvante. Courant, tombant. Courant encore
Et tombant. Il y avait laissé des espoirs et, surtout, il y avait perdu son frère. Le Trident avait échappé, toujours. Un titan, un diable de Poséidon de l'enfer. Levant son arme à trois pointes et tuant d'un seul coup au ventre. Laissant derrière lui ses victimes empalées, marquées de trois trous rouges en ligne.
Adamsberg se redressa dans son fauteuil. Les trois punaises rouges alignées au mur de son bureau, les trois trous sanglants. La longue fourchette à trois dents que maniait Enid, le reflet des pointes du Trident. Et Neptune, levant son sceptre. Les images qui lui avaient fait si mal, déclenchant les tornades, faisant affluer le chagrin, libérant en une coulée de boue son angoisse revenue.

# Posté le mardi 19 juin 2007 05:39

Modifié le jeudi 22 novembre 2007 04:15

Pars vite et reviens tard; FRED VARGAS.

Pars vite et reviens tard; FRED VARGAS.
Ce n'est pas un truc que l'on sort dans les cours d'écoles quand quelqu'un nous emm... C'est un véritable conseil, extrait d'un dicton en latin: Cito, longe fugeas et tarde redeas (que tu fuis vite, loin, et que tu revienne tard).

L'intrigue: elle se passe à notre époque. Le commissaire Adamsberg dirige la toute nouvelle brigade criminelle de Paris, avec une équipe dont il ne connait vraiment que Danglard, puits de bière et de culture qui s'occupe seul de ses cinq enfants (enfin, les deux paires de faux jumeaux sont de lui, mais pas le dernier). Adamsberg reçoit la visite d'une femme qui a découvert sur sa porte un quatre à rebours, patté, avec deux barres sur la ligne de traverse et les initiales C.L.T. D'autres immeubles finissent par être aussi marqués de 4, à chaque fois, toutes les portes de l'immeuble sauf une.
A un autre endroit de Paris, place Edgar-Quinet, un ancien marin breton reconverti crieur de nouvelles, trouve dans la boîte où les gens lui laissent les nouvelles où annonces, de curieux messages qui semblent être des extraits d'oeuvres littéraires anciennes. Ces extraits traitent de la peste de façon implicite, mais sont de plus en plus précis dans l'annonce de l'arrivée de la maladie. Les quatre à rebours se révèlent être des talismans contre cette maladie.
Lorsque l'on découvre un cadavre noirci, l'affaire devient sérieuse.

Ce roman a remporté en 2002, le prix des libraires, du meilleur polar francophone, des lectrices ELLE. En 2004, c'est le Deutscher Krimipreiz en Allemagne et en 2005, le premier prix des jeunes lecteurs européens.

Mon avis:Du grand Vargas!! Plus que jamais, le Moyen-Age est présent, et plus que présent. L'intrigue est habile, le suspense est haletant, et la poésie si chère à l'auteur est au rendez-vous avec les criées colorées de Joss LeGuern. Je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique, mais, au vu de la bande-annonce, je dirais qu'en tant que film, c'est du grand art. Après, c'a m'a l'air d'être une adaptation libre et les principaux défauts seraient le style vestimentaire de Garcia en Adamsberg (trop correct, Adamsberg est toujours habillé comme un quêteux) et le choix de l'actrice pour le personnage de Camille.

# Posté le mardi 19 juin 2007 09:31

Un peu plus loin sur la droite; FRED VARGAS

Un peu plus loin sur la droite; FRED VARGAS
Je m'en souviens, c'était à la médiathèque de Bitche il doit y avoir deux ans de cela. Je cherchais un Fred Vargas que je n'avais pas encore lu quand l'idée me vient de regarder dans les livres pour malvoyants... BINGO!

L'histoire: c'est une enquête du clan Vandoosler, principalement de Marc, qui a trouvé du travail chez un dénommé Louis Kehlweiler: il s'agit de trier des coupures de presse et d'en chercher d'autres intéressantes (morts suspectes) dans les journaux, et Marc, le tri, il s'y connait. Kehlweiler, dit l'Allemand, quant à lui, est ami avec la vieille Marthe, une ancienne prostituée. Un jour qu'il se promène dans un parc où il a l'habitude de noter les différents comportements des personnes qui y promènent leurs chiens, il découvre un os. Pas n'importe quel os. Celui-ci a du passer par le système digestif d'un animal, un chien probablement, et c'est un os qui provient d'un orteil humain. Par une recherche minutieuse, la piste mène en Bretagne où se rendent Marc et l'allemand, où ce dernier retrouve son ex.

Mon avis:un bon polar avec une bonne intrigue et une idée de base originale (l'orteil avalé par le chien en Bretagne et qui se retrouve à Paris). Mais ce roman ne m'a pas marqué plus que ça.

# Posté le mardi 19 juin 2007 09:50