Hannah; PAUL-LOUP SULITZER

Hannah; PAUL-LOUP SULITZER
Oui, je m'en rappelle. Début de l'été dernier, je faisais la tournée des marchés aux puces...un vrai trésor!

Le résumé: tout le monde a du entendre ce titre, même sans savoir ce que c'est, car c'est le livre français dont les droits d'adaptation cinématographique ont été les plus élevés émanant d'une maison de production américaine. On ne présente plus non plus son auteur, Paul-Loup Sulitzer, expert en finances et consultant dans les affaires internationales.
L'action de ce livre débute à la fin du dix-neuvième siècle dans la Pologne russe, où une petite fille nommée Hannah, juive polonaise de huit ans, rencontre Taddeuz, enfant issu des classes plus aisées. Le village et les environs sont soudain le théâtre d'un pogrom au cours duquel le frère d'Hannah perd la vie à cause de la lâcheté de Taddeuz. Cependant, Hannah l'excuse et se jure qu'elle l'épousera, que c'est lui qu'elle aimera. Mais Taddeuz est riche et elle est pauvre. Elle est juive et lui est blond.
Qu'à cela ne tienne, par l'intermédiaire de Mendel le Cocher, elle s'instruit, et puisqu'il faut devenir riche, elle le sera. C'est pour cela qu'elle va apprendre le métier de commerçante, d'abord en Pologne, puis, lorsque Mendel sera envoyé dans un bagne de Sibérie, en Australie où elle va lancer une gamme de produits de beauté dont elle élaborera les recettes en se basant sur celles qu'elle connaît déjà, et en créant sa propre marque. Après l'Australie, elle se rend dans tous les pays puissants d'Europe, pour finir aux Etats-Unis à la fin du roman. Durant tout ce temps, son charme envoûtant malgré son visage de hibou opère et elle compte bien le mettre à priofit pour séduire Taddeuz. Pour leurs retrouvailles, elle a tout prévu, elle a des personnes qui la renseigne sur les endroits où il pourrait se trouver, elle veut que tout soit parfait, que ce soit la plus belle des histoires, et peut même dire avec certitude ce que Taddeuz deviendra. Pas un instant elle ne doute et son audace surmonte tous les obstacles.

Mon avis:la seule différence entre elle et l'Oncle Picsou, c'est que le vieux canard n'est pas devenu riche par amour. Sinon, on part de la même situation: issue d'un milieu pauvre, elle va devenir riche par ses propres moyens. J'ai adoré ce livre autant sur le plan de la "love story" très originale, que sur le contexte historique, que sur le point de vue du récit d'une acsension financière que sur une autre particularité: le fait que par moment, Hannah vieille prend la parole pour commenter certains épisodes de manière touchante, en s'adressant à son amie Lizzie.

# Posté le mardi 19 juin 2007 15:59

Modifié le jeudi 21 juin 2007 09:16

Tête de diable: PAUL-LOUP SULITZER

Tête de diable: PAUL-LOUP SULITZER
Il provient aussi de la tournée des marchés aux puces. Désolé, je n'ai pas cette édition, mais c'est la seule photo que j'ai pu trouver.

Résumé: l'histoire se passe au XVIIème siècle. Tête de Diable, c'est le surnom de la fille de Pouillu-Pattu, fermier de son état. Ce dernier se fait agresser et assassiner. Sa fille veut donc prendre la direction de la ferme mais elle apprend que son père a vendu ses terres et qu'il en avait tiré beaucoup d'or, qui a disparu. Tête de Diable, forte de sa haute taille et de son esprit volontaire, ainsi que de son caractère de garçon manqué, décide de poursuivre le ou les coupables, qu'elle ne connait pas, qu'elle n'a jamais vu. Usant de sa force, n'écoutant qu'elle-même, trop obstinée parfois, elle va jusqu'en Amérique. Au fil du roman, elle apprend à s'ouvrir aux autres en général et à un autre en particulier.

Mon avis: le premier Sulitzer que j'ai lu. C'est une exception à l'oeuvre globale de l'auteur. Juste un roman d'aventure à une époque où il y avait encore des territoires à découvrir. Très bien raconté, de manière à ce qu'on ne lâche pas les personnages, et une certaine ambiguité chez certains qui se résoud à la fin, comme dans un polar. A lire même si on n'aime pas Sulitzer (n'en déplaise à Alain Souchon).
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# Posté le mardi 19 juin 2007 16:32

Modifié le vendredi 31 août 2007 10:05

Le chemin de la liberté; DORIS PILKINGTON

Le chemin de la liberté; DORIS PILKINGTON
Le récit d'une histoire vraie!

L'intrigue: elle débute à Jigalong, en Australie, près de la clôture à lapins qui donne son nom au titre original de l'oeuvre (Rabbit-Proof Fence). Cette clôture part de l'océan au Nord de l'île et va jusqu'à l'océan au Sud, divisant l'Australie en deux, et censée maintenir les lapins hors des terres arables. A cette époque (les années trente), le gouvernement australien entreprenait une politique d'assimilation envers les aborigènes. Les enfants issus de métissage étaient arrachés à leurs mères et envoyées dans des camps où elles apprenaient à oublier leur culture et le métier de domestique pour les peaux les plus foncées. Ceux qui avaient la peau un peu plus claire étaient envoyés à l'école, se mariaient avec des Blancs afin que les générations futures ne portent plus aucune trace de leurs origines indigènes.
C'est en vue de ce programme d'assimilation que débarque un jour à Jigalong, l'agent Riggs, envoyé par le "protecteur en chef des Aborigènes" M. Neville. L'agent Riggs a pour mission de conduire Molly Craig (quatorze ans), sa demie-soeur Daisy Kadibil (huit ans) et leur cousine Gracie Fields (douze ans), au camp de Moore River, à environ 2500 km au Sud de Jigalong.
Molly est déterminée à rentrer chez elle et un jour où les autres filles du camp et le personnel sont à l'église, elle profite de la pluie pour s'enfuir avec Daisy et Gracie. Elles devront échapper au traqueur, Moodoo, un aborigène qui travaille pour le camp, à la police australienne et à la faim et à la fatigue, en longeant la clôture vers le Nord.
Vont-elles réussir? Je vous laisse le découvrir par vous-même.

Mon avis: c'est un livre très bien documenté écrit par la fille de Molly. On y apprend l'histoire australienne, quelques mots aborigènes comme dgudu qui signifie "grande soeur". Cependant, au niveau du style, ça laisse à désirer, exception faite de l'introduction du vocabulaire aborigène. Lorsque l'auteur veut montrer l'indignation ou retranscrire un élan de fierté, elle en fait trop et cela devient caricatural. De plus, je n'ai pas été captivé par le récit. C'est la première fois que je préfère l'adaptation cinématographique d'un livre au livre lui-même. Car le film, il faut le voir. Il est réalisé par Philipp Noyce qui a beaucoup plus de talent en cinéma que Doris Pilkington en a en littérature. Mais peut-être son but était-il de décrire ceci comme un fait historique (ce qu'il est) plutôt qu'un roman destiné à susciter l'émotion. Un livre qui pousserait les australiens à assumer cette sombre part de leur Histoire plutôt que de s'apitoyer dessus ou de se voiler la face. Philipp Noyce l'a adapté telle qu'il voyait l'histoire et l'a même déformé, pour en faire quelque chose d'autre: du grand art!

Voici l'affiche du film, de tout façon, c'est ce qu'il y avait en couverture de l'édition que j'ai lue.

# Posté le mercredi 20 juin 2007 16:26

Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France; PIERRE GOLDMAN

Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France; PIERRE GOLDMAN
Un livre que j'ai voulu dès que j'ai su qu'il existait, mais comme beaucoup le disaient épuisé, j'ai cherché longtemps sans succès avant de me décider à le commander.

Résumé: c'est une autobiographie. Celle d'un fils de résistants des FTP-MOI. Pierre Goldman est né à Lyon, en 1944, dans la clandestinité. Il a toujours été rebelle et est devenu très tôt militant communiste. Il ne rêvait que de révolutions qui mettraient en place un régime égalitaire qui sonnerait le glas du fascisme... ce n'est pas pour autant qu'il était un enfant de choeur. Mutinerie lycéenne au lycée d'Evreux, recherché en France pour insoumission au service militaire, guérilleros au Vénézuela, il rentre en France sans papier, possède deux armes à feu et commet des braquages et des agressions soit pour subsister, soit pour aider un ami dans le besoin.
Amateur de vodka, de musique antillaise (contrairement à son demi-frère Jean-Jacques qui préfère le rock) et de femmes, il vivra en situation irrégulière jusqu'à ce qu'on l'arrête pour le meurtre de deux pharmaciennes. Il avoue plusieures agressions, mais nie ces crimes-ci. Cette autobiographie n'a pas d'autre but que de raconter sa vie et plaider sa cause, démontant un à un les témoignages jouant en sa défaveur.
Elle s'arrête en 1975. Par la suite, il sera condamné, fera appel, sera acquitté, travaillera à Libération et mourra assassiné par un obscur groupe d'extrême droite: "honneur de la police", trois heures avant la naissance de son fils Manuel, en 1979.

Mon avis:la seconde moitié de l'oeuvre peut sembler lourde. Il faut avoir envie d'étudier une affaire criminelle encore plus en détail que dans un polar, et de plus, avec un narrateur subjectif puisqu'il s'agit de l'accusé lui-même. Donc prudence. En revanche, la partie intitulée "curriculum vitae" est formidable, notamment un passage de plus de trois pages où il décrit de manière très poétique son sentiment le lendemain de son incarcération.

Extraits: ces extraits concernent tous le passage que j'ai cité plus haut.

Est-ce qu'on peut dire la prison?
Est-ce qu'on peut dire le silence, est-ce qu'on peut dire les larmes lentes et secrètes après l'extinction des feux, parfois, est-ce qu'on peut dire l'amitié des voyous et des assassins, des voleurs, est-ce qu'on peut dire la détresse, la fierté, la superbe des vieux caïds enfermés, qui répètent inlassablement la litanie de leurs exploits passés, ou qui n'en parlent jamais, est-ce qu'on peut dire l'attente et le temps, est-ce qu'on peut dire le claquement quotidien des barres de fer sur les barreaux, est-ce qu'on peut dire Goldman parloir, Goldman extrait, Goldman dentiste, Goldman échange fouille, Goldman passage hôpital, Goldman visite médicale, Goldman prétoire...

...est-ce qu'on peut dire les durs qui reviennent du parloir, brisés, éteints, silencieux parce que leur femme ne viendra plus, est-ce qu'on peut dire les portes de cellules qui retentissent, la nuit, sous les coups furieux d'un détenu affolé et qui n'en peut plus...

... est-ce qu'on peut dire l'amère chaleur et la chair de poule de ces misérables dialogues qui consolent, le soir, au moment de la fermeture des portes, après le courrier, avant la nuit, est-ce qu'on peut dire les cellules de haute surveillance, l'isolement, boire un quart de vin et respirer l'odeur des femmes, la solitude...

# Posté le mercredi 20 juin 2007 17:04

Modifié le mardi 16 octobre 2007 08:27

Une douce vengeance; ELIZABETH GEORGE

Une douce vengeance; ELIZABETH GEORGE
Je cherchais un CD que je n'ai pas trouvé, donc je suis allé dans le rayon livre, et puis voilà.

Le pitch: inspecteur à Scotland Yard et également Lord Asherton, Thomas Lynley prépare son mariage avec la très prometteuse photographe Déborah Cotter, dans son domaine de Cornouailles. Mais l'ambiance de fête est menacée. Il y a un vieux contentieux entre Lynley et sa mère, ainsi que des rixes entre Lynley et son frère. La soeur de Simon Saint James, Sid, est encore en pleine crise. Et ce qui n'arrange pas les choses, c'est lorsque l'on retrouve le corps d'un journaliste dont les moeurs étaient discutables, mutilé et châtré. Lynley, qui n'est pas sur son rayon d'intervention, va malgré tout mener l'enquête.

Mon avis: c'est le premier Elizabeth George que j'ai lu et il m'a plutôt plus. Mais maintenant que j'en ai lu d'autres, c'est celui que j'aime le moins. Il est moins dense que les autres, plus conventionnel je trouve. Ca n'empêche pas cependant que c'est un bon roman.

# Posté le jeudi 21 juin 2007 05:50

Modifié le jeudi 21 juin 2007 09:26