Une patience d'ange; ELIZABETH GEORGE

Une patience d'ange; ELIZABETH GEORGE
Le livre qui m'a fait devenir accroc aux romans d'Elizabeth George!

L'intrigue: on assiste d'abord au suicide d'un compositeur, puis, on passe à l'affaire de meurtre. A Nine Sisters Henge, une vieille dame découvre le corps d'un jeune homme poignardé. A quelques mètres du cercle de pierre, c'est celui d'une jeune femme morte d'un violent coup à la tête que l'on retrouve. Se connaissaient-ils? Pourquoi n'ont-ils pas été tués de la même façon?
Si l'identification du jeune homme est difficile, il n'en est pas de même pour la jeune fille. Il s'agit de Nicola Maiden, étudiante en droit et la fille d'un ancien membre des services secrets britanniques.
Le fait qu'il est lié à l'inspecteur Lynley (ce sont des amis de longue date) fait tout naturellement que ce dernier s'occupe de l'affaire, avec le constable Winston Nkata et Barbara Havers, rétrogradée au rang de constable à son grand désespoir. Au lieu de faire ce que Lynley lui demande et de filer droit, elle mène son enquête à Londres, persuadée que le meurtre principal est celui de l'homme. Lynley, quant à lui, poursuit ses investigations du côté des Maiden dans le Derbyshire et découvre que Nicola avait l'intention de laisser tomber ses études pour devenir prostituée dans les milieux sado-masochistes.
Quelle piste est la bonne?

Mon avis: le meilleur Elizabeth George que j'ai lu. Non pas parce que je suis un pervers, mais parce que dans ce roman, on voit Barbara Havers confrontée à des problèmes plus grave que d'habitude vis à vis de sa vie professionnelle. Elle se rend compte que l'amitié qui la lie à Lynley n'est pas aussi forte qu'elle le croyait. Lynley s'aperçoit qu'il n'a pas totalement tourné la page avec certains éléments de son passé et doit affronter l'opinion de ses amis et de sa femme... et tout cela de manière tellement dense qu'on ne se lasse jamais. Enfin, le personnage de Winston Nkata prend plus d'importance dans ce roman, et dans tous ceux qui ont suivi, et qui suivront si j'en juge par la progression.

# Posté le jeudi 21 juin 2007 08:07

Modifié le mardi 16 octobre 2007 08:32

Biographie; ELIZABETH GEORGE

Biographie; ELIZABETH GEORGE
Elle est née en 1949 à Warren dans l'Ohio, mais, quand elle a dix-huit mois, elle s'installe avec ses parents près de San Francisco. Ses études se passent dans les universités de Los Attios Hills et Riverside, où elle obtient une maîtrise d'anglais et un DEA en psychopédagogie. Sa passion pour le Royaume-Uni, elle la doit à un voyage scolaire dans ce pays lorsqu'elle avait seize ans, et dont le thème était : "sur les traces de Shakespeare", quant à son goût pour l'écriture, elle l'a depuis l'âge de sept ans.

Elle devient professeur au collège de Santa Ana, puis professeur d'anglais au collège d'El Toro (aujourd'hui Lake Forest). Elle quitte l'enseignement treize ans et demi plus tard, s'étant distinguée tout ce temps par le soutien qu'elle apportait aux élèves en difficulté et par la diversité des oeuvres qu'elle a fait étudier à ses élèves: de Shakespeare à P.D James.

Elle anime des ateliers d'écriture, enseigne périodiquement dans diverses universités comme Vancouver ou Oxford...

SON OEUVRE a définitivement marquée le paysage du roman policier, car ses livres sont plus que ça! Depuis "enquête dans le brouillard" en 1988 (publié en France en 1990), elle relate la vie privée et professionnelle d'agents de police, tout aussi bien que de personnages plus communs (Simon Saint James). Tout cela avec des analyses psychologiques précises, réalistes et toujours faciles à comprendre parce que c'est comme ça que les vraies personnes se comporteraient, penseraient. On ne s'identifie pas forcément aux personnages mais ils nous évoquent tous un certain type de personnes (excepté peut-être les criminels déséquilibrés, du moins je l'espère). Ces romans sont tellement réalistes qu'ils pourraient presque sortir du livre.
Ensuite, il y a la complexité de ses romans, qui peuvent comporter cinq fils narratifs différents, interrompus au meilleur moment chaque fois, de sorte à ce qu'à la fin d'un chapitre, on soit déçu qu'il s'interrompe, mais qu'en tournant la page, on est content parce que l'auteur reprend un autre fil qu'elle avait interrompu précédemment, tout aussi passionnant.
Dans "Mémoire infidèle", ces fils narratifs sont même décalés dans le temps, et il y a même deux fils narratifs dans l'un d'entre eux. Ca vous donne le vertige? Attendez un peu. Dans le même roman, ces fils sont décalés dans le temps, et si on ne compare pas les dates, on ne s'en rend pas compte. De plus, comme si ce n'était déjà pas assez complexe, ce sont des gros pavés pour la plupart! Et pourtant, on se plait à lire ce genre de livres, on ne s'y perd pas car c'est très bien construit et si l'auteur ne s'est pas perdue en écrivant, pourquoi le serait-on?

J'espère n'avoir découragé personne de lire ses livres.

# Posté le jeudi 21 juin 2007 08:40

Modifié le vendredi 31 août 2007 10:11

Mémoire infidèle; ELIZABETH GEORGE

Mémoire infidèle; ELIZABETH GEORGE
Eugenie Davies meurt écrasée par un chauffard qui a pris soin de lui repasser dessus en marche arrière, et les suspects ne manquent pas. Il y a d'abord le major Ted Wiley, amoureux d'Eugenie, puis un certain Pitchley, alias "Langue de Velours" sur Internet et ayant un goût prononcé pour les femmes mûres comme Eugenie. Ensuite, l'ex-mari de la victime, qu'elle a quitté lui et le reste de sa famille après la mort de sa fille, noyée dans sa baignoire. C'est pour cette raison que Katja Wolff a été envoyée en prison à cette époque. Peu de temps avant la mort d'Eugenie, elle est libérée sous caution. Le fils de la victime, Gideon Davies, enfant prodige devenu violoniste renommé, n'est plus capable de jouer une seule note, sans que l'on sache pouquoi. Les questions sont nombreuses. Pourquoi ce blocage artistique qui nécessite la consultation d'une psychologue pour Gideon, qui doit consigner ses souvenirs et impressions dans un journal? Pourquoi ce traitement n'est-il pas perçu de la même manière par son entourage? Qui est vraiment Pitchley? Katja Wolff? Qui était Eugenie Davies?...
Ces questions, Thomas Lynley, Barbara Havers et Winston Nkata se les posent et tentent d'y répondre, chacun remontant une ou plusieures pistes. En même temps, nous découvrons la vie quotidienne des enquêteurs. Lynley et lady Helen qui vont avoir un enfant: comment Lynley appréhende-t-il la paternité? Nkata qui prend encore plus de dimension et d'importance dans ce roman. Malcolm Webberly, commissaire à Scotland Yard qui a connu la victime dans le passé...

Mon avis le plus complexe des romans d'Elizabeth George. Pas moins de cinq fils narratifs différents qui s'interrompent, parfois pour longtemps. De plus, ces fils narratifs sont décalés dans le temps, notamment le journal de Gideon et l'enquête, qui ont quelques mois de décalage au début et qui ne se rejoignent qu'à la fin. Cependant, si vous décidez de vous lancez sérieusement dans la lecture de ce pavé (981 pages en édition Pocket), vous ne le regretterez pas. Il y a de la densité, du suspense, de l'originalité. On ne s'ennuie pas une minute. Mais si vous découvrez seulement l'auteur, ne commencez pas celui-là.

# Posté le jeudi 21 juin 2007 15:37

Modifié le lundi 25 juin 2007 14:26

Un petit reconstituant; ELIZABETH GEORGE

Un petit reconstituant; ELIZABETH GEORGE
Un point commun avec Fred Vargas! Un recueil de trois nouvelles. Mais celles-ci ne sont pas illustrées.

- Un petit reconstituant: Adèle Manners part faire un séminaire à Cambridge ayant pour thème "Demeures et châteaux de l'aristocratie anglaise". Elle visite donc des châteaux, en compagnie de quelques compatriotes, des américains. L'un des membres de ce groupe est assassiné. Par chance, l'inspecteur Lynley, qui visitait le château avec sa femme, mène l'enquête.

Dans les deux autres nouvelles, Lynley n'apparaît pas.
- Moi Richard: un professeur veut absolument réhabiliter le roi Richard. Il sait que son meilleur ami détient, sans en connaître la valeur, un document qui le permettrait. Il entretient donc une liaison avec la femme de son ami, pour pouvoir avoir accès à l'héritage à la mort de ce dernier.
- La surprise de sa vie: un homme déjà âgé devient le troisième mari d'une femme bien plus jeune que lui. Persuadé d'être cocu, il engage un détective privé puis, prépare une petite surprise à sa femme.

Mon avis: les deux premières peuvent être un reconstituant. Mais la troisième m'a complètement retourné tellement elle était extraordinaire d'horreur. Je n'en dirai pas plus, à part ceci: lisez-les, c'est différent de ce qu'elle fait d'ordinaire, ce n'est pas long, mais c'est fort.
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# Posté le vendredi 22 juin 2007 05:04

Modifié le lundi 25 juin 2007 14:27

Pour solde de tout compte; ELIZABETH GEORGE

Pour solde de tout compte; ELIZABETH GEORGE
Je l'avais pris au hasard l'été dernier parmi quelques autres du même auteur.

Le résumé: Elena Weaver est une brillante étudiante du colège St Stephen (invention de l'auteur) à l'université de Cambridge, elle est belle, mène une vie sexuelle débridée et... est sourde, mais vit très bien sa surdité. Un jour qu'elle fait son jogging quotidien, elle se fait assassiner près de la rivière Cam. Aux environs, les indices ne manquent pas. De nombreuses choses traînent par terre, c'est sûr, quelqu'un a passé un certain temps ici. De plus, Elena était la fille d'un des plus éminents professeurs de Cambridge, désirant se remarier et ayant à supporter les foudres de son ancienne femme, le tenant pour responsable de la mort de leur fille. Le professeur Weaver, quant à lui, est en désaccord (le mot est faible) avec le chef d'une association pour malentendants de Cambridge, le petit ami d'Elena semble-t-il, sourd lui aussi, mais persuadé que la surdité peut devenir une culture à part.
L'enquête est mené maladroitement et Sctland Yard dépêche sur place l'inspecteur Thomas Lynley et le sergent Barbara Havers. Ils ont du mal à se supporter: Havers fume et Lynley fait des efforts surhumains pour arrêter, Havers ne supporte pas le luxe éloquent de son co-équipier... Mais ils forment une équipe efficace, malgré leurs problèmes respectifs: Lynley qui a encore essuyé un refus de lady Helen pour sa énième demande en mariage et Havers qui n'arrive plus à s'occuper de sa mère, atteinte de la maladie d'Alzheimer et de troubles mentaux. elle envisage de la placer dans un maison spéciale très correcte mais culpabilise à cette idée.

Mon avis: encore un chef-d'oeuvre de la plus anglaise des auteurs américains. Une peinture délicieuse de la vie sur un campus aussi bien du côté des élèves que du côté des professeurs.

# Posté le vendredi 22 juin 2007 05:28

Modifié le mercredi 11 juillet 2007 04:24